PSIA: communication du Conseil d’Etat et stratégie de l’AIG

Félicien Fleury réagit au point presse du Conseil d’Etat genevois sur la partie conceptuelle du PSIA et sur la stratégie de l’Aéroport de Genève de promotion des compagnies aériennes :

 

 

 

L’aéroport paye pour remplir les avions des compagnies aériennes!

Lors de la rédaction du plan sectoriel d’infrastructure aéroportuaire (PSIA), l’Aéroport de Genève, la Confédération et le canton de Genève ont toujours argumentés que ce plan n’était pas une fin en soi, mais simplement là pour répondre à la demande d’un marché en pleine croissance. Au regard de cet argument plus que discutable, il est intéressant de constater que l’Aéroport de Genève fait lui même de la publicité pour remplir les avions des compagnies aériennes donc, en d’autres termes, cherche à générer la demande plutôt que de simplement y répondre. La Coordination régionale pour un Aéroport de Genève urbain, Respectueux de la Population et de l’Environnement (CARPE) dénonce ces agissements qui laissent apparaître de manière tangible l’agenda caché de l’Aéroport de Genève et souhaite que ce dernière s’engage dans la voie d’un aéroport respectueux.
Félicien Fleury

Courrier de lecteur.trice

Philippe Dugerdil  , habitant de Satigny, réagit à l’article de M. Jeannerat dans la Tribune de Genève du 29-30 septembre 2018 :

M. Jeannerat («TdG» 29 – 30 septembre) craint que l’initiative IN 163 «Pour le pilotage démocratique de l’aéroport urbain de Genève» n’affaiblisse l’aéroport. J’aimerais le rassurer. Elle demande simplement que nos élus puissent se prononcer sur son développement en soupesant ses avantages et inconvénients, et en particulier l’impact sur la qualité de vie des habitants soumis aux nuisances.

L’auteur craint-il qu’en cas de votation populaire, le peuple souverain se trompe? Ou craint-il qu’en cas d’acceptation, nos élus ne soient pas clairvoyants? Si ses arguments sont fondés, la majorité s’en rendra compte. Mais le problème est peut-être là. Sur les arguments économiques, il ne faut pas oublier de prendre en compte les externalités, en l’occurrence la pollution, le bruit et leur impact sur la santé des citoyens, le climat et l’économie locale (en particulier sur les zones à construire et les loyers). Il faut prendre en compte les coûts d’opportunités: le manque à gagner pour nos commerces lorsque les voyageurs prennent l’avion pour fêter un anniversaire à Barcelone, passer un week-end à Amsterdam plutôt que dans notre région, etc. Mais la crainte est peut-être avant tout que la population comprenne les effets des transports aériens sur le climat.

L’aéroport était en 2012 responsable de 23% des émissions de gaz à effet de serre, pratiquement à égalité avec le résidentiel (essentiellement le chauffage) et loin devant les émissions dues aux voitures (source: Plan climat cantonal – PCC). En 2012 le nombre de passagers de l’aéroport était de 13,5 millions (dont 22% de résidents genevois, source: PCC). En 2017, ce nombre était de 17,3 millions… Alors oui à l’aéroport, mais pas à n’importe quel prix!

Philippe Dugerdil

 

Courriers des lecteurs.trices

Anne-Lise Robert-Nicoud, habitante de Vernier réagit à l’article « Les Suisses ouverts à une taxe sur les billets d’avion«  (RTS info, 24.08.18) :

Il est réjouissant que les citoyens suisses réalisent enfin que la détérioration du climat nous concerne toutes et tous et que la décision de prendre l’avion plutôt que le train n’est pas anodine et a un important coût non seulement climatique, mais aussi humain (bruit, pollutions, santé). Il est effectivement urgent, comme le préconise Florian Brunner, de prendre acte dans une loi des problèmes que crée le trafic aérien, car il est en train de s’emballer et aucun garde-fou ne le retient.

A cet égard, la révision de la loi sur le CO2 intervient au bon moment pour refléter l’évolution des mentalités. Cette loi doit avaliser le principe d’une taxe substantielle sur les billets d’avion et d’une imposition du kérosène, et ceci à la hauteur de l’impact climatique et des nuisances engendrés par le trafic aérien. Il est grand temps que notre ministre des transports, qui est incidemment aussi notre ministre de la santé, prenne acte du fait que le développement durable et la qualité de vie des citoyens ne doivent pas être sacrifiés sur l’autel de l’économie.

Anne-Lise Robert-Nicoud

 

Courriers des lecteurs.trices

Anne-Lise Robert-Nicoud, habitante de Vernier a réagi à l’article « A Cointrin, l’été rêvé des boutiques hors taxes  » (Le Temps, 24.08.18) :

L’aéroport de Genève: vers une nouvelle définition:

Si le but des vacances est de faire du shoping hors taxes, alors oui, « un été rêvé à Cointrin ». Or, également le 24.08.2018, quelle coïncidence, La Tribune de Genève annonçait que les magasins et arcades du canton  enregistraient un inquiétant +12% de vacance en un an, ceci alors que les aéroports, comme les gares d’ailleurs, sont devenus à tous les étages d’immenses zones d’achat, oubliant ainsi leur rôle premier tel que défini par le dictionnaire, soit  « Ensemble des bâtiments et des équipements nécessaires au trafic aérien public, desservant généralement une ville ; organisme qui administre, gère un tel ensemble. », (Le Petit Larousse illustré, 2012). Donc apparemment une structure permettant aux voyageurs de se déplacer d’un point A à un point B, ni plus, ni moins. Mais alors, quel changement depuis 2012 ! Il semble que les « équipements nécessaires au trafic aérien » aient passablement évolués et une nouvelle définition s’impose.

Quand l’idée de créer des dictionnaires a germé, les initiants d’alors se sont tournés vers les grands auteurs pour illustrer les subtilités des mots. Pour redéfinir le mot aéroport aujourd’hui, il faut s’adresser aux économistes et on obtiendra les définitions suivantes : 1)un endroit grâce à l’existence et la subtile organisation duquel il est possible de voyager sans en payer le juste prix écologique. Ceci donne à chaque passager la possibilité de dépenser dans la zone internationale et ses boutiques hors taxes, avant, pendant et après le voyage, pour ainsi réaliser des économies ainsi; 2) un lieu dont la zone internationale peut représenter la destination du voyage, en y ajoutant l’attrait touristique de ses boutiques hors taxes, dans lesquelles le voyageur est alors encouragé à dépenser l’intégralité de son budget voyage ; 3) (par extension de 1 et 2) un lieu d’où l’on peut en toute légalité ignorer le changement climatique et la qualité de vie des riverains de cette infrastructure au profit du profit (des aéroports et des passagers en zone internationale, s’entend) ; 4) un organisme qui, en plus de gérer un tel ensemble de « bâtiments et (…) équipements nécessaires au trafic aérien public », a pour objectif de maximiser les profits au sol (1 franc sur 5 gagné grâce au shopping des passagers !), et ceci sans taxer les passagers directement.

D’où cette interrogation: il est dit de Genève à Berne, qu’il faut augmenter les destinations et le nombre de mouvements pour répondre à la demande, mais alors, la demande de qui et de quoi exactement ? Celle des compagnies aériennes, de potentiels voyageurs ou alors des gestionnaires des commerces dans les lieux de voyage ? Ou serait-ce une secrète combinaison des trois, savamment exploitée ? Là est la question, aurait dit Shakespeare…

Pendant ce temps, nous sommes témoin d’un climat devenant de plus en plus imprévisible et extrême, ajoutons à cela les nuisances de plus en plus nombreuses dont souffrent les riverains (pollutions sonores et atmosphérique). En parallèle de ces impacts du trafic aérien, le commerce aéroportuaire, lui, ne semble pas manquer d’air ?

Anne-Lise Robert-Nicoud

 

 

Ecorating.ch

Ecorating, spécial élections
cantonales genevoises 2018 
 

La CARPE regroupe un ensemble d’associations tant environnementales que riveraines qui s’engagent fortement pour une limitation des nuisances engendrées par l’aéroport de Genève. Ceci comprend les problématiques liées au bruit, à la pollution de l’air ainsi qu’aux émissions de CO2. Nous présentons ici les résultats issus de l’ecorating mené par le WWF, l’ATE et Pro Natura pour les élections genevoises 2018.

Nous avons sélectionné les réponses concernant directement les activités de la CARPE. Au vu des résultats du questionnaire, nous souhaitons réaffirmer l’importance de se doter d’une politique cohérente en matière de transport aérien à Genève. Refuser l’augmentation massive des passagers prévue par la Confédération devrait aller de pair avec un soutien à l’initiative de la CARPE « pour un pilotage démocratique de l’aéroport de genève », qui constitue un outil constitutionnel. Notre coordination sera donc attentive au suivi des politiques mises en place pour la prochaine législature afin de garantir la cohérence des engagements pris.

Nous poursuivons ainsi nos objectifs de diffusion et d’échange d’informations sur les conséquences de la croissance effrénée de l’aéroport. Ceci passe par un engagement, avec tous les moyens à notre disposition, pour influencer les décisions concernant le développement de l’aéroport, afin qu’il soit respectueux de la population et de l’environnement.

Réponses des candidat.es aux questions suivantes:

  • Question 1 : Soutenez-vous l’initiative populaire de la CARPE « pour un pilotage démocratique de l’aéroport de Genève » ?
  • Question 2 : Soutenez-vous la volonté de la Confédération d’augmenter le nombre de passagers à l’aéroport de Cointrin de 15 millions à 25 millions (+60%) en 12 ans ?