« Ne pas uniquement répondre à la demande du marché » Le Courrier

Article Le Courrier « Ne pas uniquement répondre à la demande du marché » sur le communiqué du Conseil d’Etat concernant le PSIA:

 

« Sa collègue de parti, la conseillère nationale Lisa Mazzone, également présidente de la Coordination régionale pour un aéroport urbain, respectueux de la population et de l’environnement (CARPE), juge la prise de position du Conseil d’Etat encourageante, bien qu’insuffisante. «La partie stratégique élaborée par la Confédération est tout simplement anticonstitutionnelle. Elle place les intérêts des compagnies aériennes avant les principes du développement durable et la protection de la population. On peut se réjouir que le canton adopte une position critique.»

Mais la fiche PSIA sur Genève, approuvée par le Conseil d’Etat, ne remet pas en question la croissance de l’aéroport et les 25 millions de passagers attendus pour 2030. «La courbe de bruit n’est pas un outil contraignant. Et même si les avions sont plus modernes ou davantage remplis, ils continueront à polluer et à faire du bruit.» L’élue prône un changement des objectifs de croissance de l’aéroport, la fixation d’un couvre feu plus tôt et une augmentation des taxes sur les vols.

Lisa Mazzone constate toutefois une légère évolution positive de la part des autorités genevoises, certainement due à l’aboutissement de l’initiative de la CARPE pour «un pilotage démocratique» de l’aéroport. «Avant son lancement, les compagnies aériennes dictaient la stratégie de l’aéroport qui était directement reprise par le Conseil d’Etat. Tant mieux s’il se montre aujourd’hui plus critique.»

PSIA: communication du Conseil d’Etat et stratégie de l’AIG

Félicien Fleury réagit au point presse du Conseil d’Etat genevois sur la partie conceptuelle du PSIA et sur la stratégie de l’Aéroport de Genève de promotion des compagnies aériennes :

 

 

 

L’aéroport paye pour remplir les avions des compagnies aériennes!

Lors de la rédaction du plan sectoriel d’infrastructure aéroportuaire (PSIA), l’Aéroport de Genève, la Confédération et le canton de Genève ont toujours argumentés que ce plan n’était pas une fin en soi, mais simplement là pour répondre à la demande d’un marché en pleine croissance. Au regard de cet argument plus que discutable, il est intéressant de constater que l’Aéroport de Genève fait lui même de la publicité pour remplir les avions des compagnies aériennes donc, en d’autres termes, cherche à générer la demande plutôt que de simplement y répondre. La Coordination régionale pour un Aéroport de Genève urbain, Respectueux de la Population et de l’Environnement (CARPE) dénonce ces agissements qui laissent apparaître de manière tangible l’agenda caché de l’Aéroport de Genève et souhaite que ce dernière s’engage dans la voie d’un aéroport respectueux.
Félicien Fleury

Courrier des lecteur.es

Nigel Lindup, membre de l’Association des Riverain.es de l’Aéroport de Genève, réagit à l’interview du directeur de l’aéroport, M. Schneider sur la fiche PSIA (Le Matin, 07.03.18) :

Dans le dossier complexe de l’aéroport de Genève, un discours apparemment transparent obscurcit parfois la réalité. La Newspeak (novlangue) de George Orwell (1984) guette.

Par exemple, le Directeur-général de l’aéroport nous rassure que «la croissance n’est pas une fin en soi» (7 mars). Mais la fiche fédéral pour l’aéroport (PSIA) ne parle que de croissance! La Confédération veut que l’aéroport puisse «se développer de manière à répondre à la demande»; elle veut «étendre l’exploitation de l’aire Nord de 22h à 24h»; et se fixe «l’objectif de viser» une capacité déclarée de 47 mouvements par heure à l’horizon 2030, contre 40 actuels.

M. Schneider présente la renonciation à l’usage de la tranche 5h-6h comme une concession aux riverains au nom d’une «croissance qualitative». Or, si l’exclusion des atterrissages entre 5h et 6h est bien un choix de Genève Aéroport – dont nous sommes dûment reconnaissants – les décollages, eux, sont simplement interdits par la loi fédérale.

Le Directeur admet que le PSIA ignore la question du climat, mais l’aéroport serait lié «par d’autres accords sur l’environnement». Mais le Plan climat cantonal exclut explicitement l’aéroport des calculs et mesures applicables à d’autres secteurs de l’économie. L’objectif général de ce Plan est de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 40 % d’ici 2030 par rapport à 1990, tandis que pour l’aéroport c’est de stabiliser les émissions au niveau de 2014. Étant donné que les émissions totales en GES de l’aéroport sont à peu près égales à celles du secteur résidentiel (p. ex chauffage), tous les efforts amenés dans ce dernier seront annulés par le développement débridé du trafic aérien.

Enfin, la politique aéronautique 2016 de la Confédération prône le développement durable, qui comporte trois volets égaux: l’environnement, le social (p.ex. la santé) et l’économie. De plus, elle reconnaît que davantage d’efforts sont requis dans les deux premiers si on veut atteindre un vrai équilibre. Pourtant, le PSIA fait fi de ces engagements en priorisant systématiquement le volet économie. Donc si quelqu’un le décrit comme «très équilibré», je soupçonne l’influence du Ministère de la Vérité de Monsieur Orwell.

Nigel Lindup (ARAGge)

 

 

Plan Sectoriel d’Infrastructure Aeronautique (PSIA)

Le Plan sectoriel de l’infrastructure aéronautique (PSIA) est l’instrument de planification et de coordination de la Confédération pour l’aviation civile.

Le projet de fiche PSIA relatif à l’aéroport de Genève est sorti le 15 novembre. Cet instrument fédéral impactera de manière notoire le canton de Genève et sa région. Une fois la fiche adoptée par le Conseil Fédéral, la trajectoire du développement de notre aéroport urbain – et donc du Canton – sera figée jusqu’à 2030.


PARTICIPATION PUBLIQUE

Ce projet est mis en consultation du 22 novembre 2017 au 8 janvier 2018 (information/participation de la population) et du 22 novembre 2017 au 16 mars 2018 (consultation des autorités). La CARPE a rédigé sa prise de position et l’a transmise à l’OFAC le 7 janvier 2018.


(mise à jour le 8 janvier 2018)

Plus les autorités recevront de lettres, plus la Confédération prendra conscience de la préoccupation de la population. C’est pourquoi la CARPE a invité chacune et chacun à faire part de son opinion à l’Office fédéral de l’Aviation Civile (OFAC).

A notre connaissance, une trentaine de particuliers ainsi que trente associations se sont également prononcés sur le PSIA, totalisant 220 pages de revendications :

Courrier des lecteurs

Georges Ryser a réagi à la sortie du PSIA au travers d’une lettre des lecteurs parue dans la Tribune de Genève le 04.12.17 :

À Genève, il aurait fallu un véritable homme d’Etat capable de tenir tête et d’en imposer face à l’Administration Fédérale de l’Aviation Civile. Une sorte de Guillaume Tell refusant de s’incliner face à l’OFAC.

Mais face au lobby aérien, le Conseil d’Etat a accepté, avec tout le reste, que soit inscrit au PSIA, mis ces jours en consultation, que la première priorité de l’aéroport devait être le trafic de lignes aériennes, c’est-à-dire la loi du marché des compagnies aériennes.

Alors que le bien-être, la santé, la qualité de vie, la pureté de l’air, le climat devraient primer sur toute autre considération, l’humain passant avant la machine, le PSIA fait le contraire.

L’industrie aéroportuaire est la plus sale qui soit, et, à ce titre, devrait subir les restrictions les plus sévères, d’autant plus en milieu urbain.

Plus de mouvements aériens égale plus de bruit, plus de pollution, plus de réchauffement climatique. Face aux engagements internationaux pris par la Suisse et la France sur le climat et la qualité de l’air, il n’y a pas d’autres solutions crédibles que de réduire le nombre de mouvements aériens. Les espoirs de changer la donne en misant sur des améliorations techniques ou en agissant sur les courbes de bruit sont complètement irréalistes.
L’aéroport peut se développer, mais dans un cadre accepté par la population.

Pourqu’un PSIA soit admissible il faut que soit instauré un couvre-feu aérien nocturne, sauf exception sanitaire ou diplomatique, garantissant 8 heures de sommeil la nuit toute l’année, soit de 22h à 06h, tel que recommandé par l’OMS. Voilà la seule solution gagnant-gagnant digne d’une ville comme Genève. Que chacun le fasse savoir à l’OFAC.

Dr.Georges Ryser