Argumentaire

Pour un pilotage démocratique de l’aéroport de Genève

REPRENONS EN MAIN NOTRE AEROPORT

Le nombre de passagers à l’aéroport de Genève a doublé ces dix dernières années, dépassant désormais 15 millions. En parallèle, les nuisances ont explosé, en particulier le bruit (notamment nocturne) et la pollution de l’air locale, ainsi que les émissions de CO2, responsables du réchauffement climatique.

Ce n’est que le début. Les autorités planifient 25 millions de passagers en 2030. Pour les accueillir, il faudra 650 vols par jour, ce qui représente un avion qui décolle ou atterrit toutes les 90 secondes, 18h/24, et une augmentation significative des vols de nuit !

L’aéroport est important pour le canton de Genève, en termes d’emplois, d’activité économique et de rayonnement de la Genève internationale. Mais son développement doit être concerté et maîtrisé pour ne pas sacrifier la population dans son ensemble et afin de prendre en compte l’environnement.

Un impact global sur la population L’aéroport de Genève est urbain, jouxté par quantité d’habitations et de places de travail. La population est directement touchée par son développement, en raison du bruit et de la détérioration de la qualité de l’air et, à plus long terme, du réchauffement climatique. À la clé, le développement de maladies physiques et psychiques. Ces affections coûtent cher à la collectivité et atteignent lourdement les individus. De nombreuses études montrent en outre que les élèves qui sont fortement exposés au bruit aéroportuaire ont davantage de difficulté d’apprentissage. Or, un quart des écoles du canton se trouve dans le périmètre concerné.

De même, l’augmentation du bruit réduira les surfaces constructibles et aggravera la crise du logement. Enfin, dans les communes riveraines, la valeur des biens immobiliers a dégringolé.

Des décisions peu démocratiques

La machine s’emballe, mais que veut la population ? Les décisions relatives à l’avenir de notre aéroport se prennent dans une tour d’ivoire, entre Berne et Genève. La voix des premiers concernés, les communes et la population de la région, n’est pas entendue et le Grand Conseil lui-même n’a pas voix au chapitre. Il est urgent de reprendre la main sur l’avenir de notre aéroport, alors que le Conseil fédéral met la dernière main au « plan sectoriel d’infrastructure aéronautique » (PSIA) qui scelle un développement débridé de l’aéroport de Genève sacrifiant la population aux nuisances.

Misons sur la qualité, et non sur la quantité ! Nous voulons un aéroport efficace, qui réponde aux besoins prioritaires des organisations internationales et de l’économie régionale, mais qui préserve également la santé de la population, la valeur de notre sol et l’environnement.

L’initiative populaire cantonale pour un pilotage démocratique de l’aéroport vise à :

  1. Maîtriser le développement de l’aéroport en prenant en compte autant la population que les besoins économiques et l’environnement. Pour préserver la santé de la population, la valeur de notre sol, la qualité de l’air, la qualité de notre environnement et la qualité de vie de chacun.
  2. Rappeler le caractère public de l’aéroport comme pour les Services Industriels de Genève ou les Transports Publics Genevois, le statut de l’aéroport doit être inscrit dans notre Constitution.
  3. Assurer une consultation des personnes concernées Pour assurer l’équilibre entre les intérêts de la population, de l’environnement, des organisations internationales et des entreprises locales. Toute la région sera gagnante grâce à un développement concerté misant sur la qualité du service.

Initiative populaire

Pour un pilotage démocratique de l’aéroport de Genève

Reprenons en main notre aéroport !

Les citoyennes et citoyens soussigné-e-s, électrices et électeurs dans le canton de Genève, conformément aux articles 56 et 64 de la Constitution de la République et canton de Genève du 14 octobre 2012 et aux articles 86 et 94 de la loi sur l’exercices des droits politiques, du 15 octobre 1982, appuient la présente initiative constitutionnelle, demandant que la Constitution de la République et canton de Genève du 14 octobre 2012 soit modifiée comme suit :

Art. 191A Trafic aérien (nouveau)

1. L’Aéroport International de Genève est un établissement de droit public.

2. Dans le cadre défini par la Confédération et les limites de ses compétences, l’État tient compte du caractère urbain de l’aéroport et recherche un équilibre entre son importance pour la vie économique, sociale et culturelle et la limitation des nuisances pour la population et l’environnement.

3. L’État prend en particulier toutes les mesures adéquates pour limiter les nuisances dues au trafic aérien, notamment le bruit, les pollutions atmosphériques et les émissions de gaz à effet de serre et pour mettre en œuvre les principales d’accomplissement des tâches publiques, définies dans la présente Constitution, de protection de l’environnement, d’aménagement du territoire et de promotion de la santé.

4. L’Aéroport International de Genève rend compte aux autorité cantonales et communales de la façon dont les objectifs précités sont planifiés puis mis en œuvre au regard du cadre et des limites définis par la Confédération. Il soumet en particulier régulièrement au Grand Conseil pour approbation un rapport relatif aux actions entreprises et principaux objectifs à moyen et long terme.

Calendrier

  • 08.2016

    Lancement de l’initiative populaire

  • 15.12.2016

    Dépôt de 14’450 signatures auprès de la Chancellerie genevoise

  • 08.03.2017

    Confirmation de l‘aboutissement de l’intiative

  • 28.06.2017

    Confirmation de la validité de l‘initiative par le Conseil d’État, qui appelle à son refus sans contre-projet

  • 22.02.2018

    Décision du Grand Conseil de rejeter l’initiative et de lui proposer un contre-projet

  • 08.03.2019

    Dernier délai pour que le Grand Conseil adopte le contre-projet

  • 24.11.2019

    Date de la votation sur l’initiative et le contre-projet