Fiche PSIA Aéroport de Genève

25 millions de passagers et toujours plus de mouvements à l’horizon 2030. A la clé : augmentation de la pollution de l’air, de l’impact climatique et du bruit ressenti. L’initiative pour un pilotage démocratique est plus nécessaire que jamais.

La prévision de développement des passagers et des mouvements à l’aéroport de Genève est préoccupante. En construisant une infrastructure pour 25 millions de passagers, on promet des nuisances supplémentaires.

Si l’introduction d’une courbe cible dans le PSIA constitue un premier pas, elle ne signifie pas encore une réelle amélioration de la situation actuelle. Au contraire, le nombre de mouvements va continuer de se développer, la contribution de l’aéroport à la pollution atmosphérique cantonale due aux NOx passera de 24% à 40% en 2030, tandis qu’aucun objectif climatique n’est fixé. Alors que l’Accord de Paris sur le climat vient d’entrer en force en Suisse, la Confédération maintient son intention du tout à la croissance en termes de trafic aérien, bien que la contribution de ce mode de transport aux émissions de CO2 ne cesse de croître dans le pays.

Par ailleurs, la proposition faite par le Conseil d’Etat et le Conseil fédéral ne prend pas en compte d’autres objectifs, tels que la pollution de l’air ou les émissions de CO2. Et la manière dont est traité le bruit des avions reste très éloignée de la réalité du terrain. D’une part, la méthode de calcul des courbes de bruit, peu représentative du bruit ressenti, est critiquable, de l’autre, les progrès technologiques sont insuffisants pour contrer l’augmentation dans le nombre de mouvements, en particulier le doublement des vols long-courriers prévus par le PSIA une fois le nouveau terminal Est en fonction.

La demande de la CARPE d’introduire un couvre-feu à 23h, à l’instar de l’aéroport de Zurich, n’a pas non plus été intégrée. Une décision qui s’inscrit dans la politique fédérale, qui veut que l’aéroport « réponde à la demande » même si d’autres objectifs sociaux et environnementaux ne sont pas atteints.

Si un premier pas semble avoir été franchi avec l’apparition d’une courbe cible, objet certes novateur, il est important de relever que cette dernière n’est pas beaucoup plus restrictive que la courbe plafond. Mais surtout, le PSIA ne garantit ni outil permettant d’atteindre cet objectif, ni de véritables conséquences si la courbe cible n’est pas atteinte en 2030. L’initiative pour un pilotage démocratique de l’aéroport est donc plus nécessaire que jamais pour contraindre à ce que le Conseil d’Etat et l’aéroport tiennent parole.

Enfin, n’oublions pas que l’élaboration de la fiche PSIA est loin d’être une démarche démocratique. Les communes et le Grand Conseil n’ont pas été associées à son élaboration. Seul le Canton a été intégré par la Confédération. Cette fiche n’est par ailleurs pas soumise au parlement cantonal.

L’absence d’outils opérationnels pour cadrer le développement de l’aéroport confirme plus que jamais la nécessité de l’initiative « pour un pilotage démocratique de l’aéroport de Genève ». Cette dernière apparaît en effet comme un instrument essentiel à la mise en œuvre de ce plan sectoriel.

Pour la CARPE
Lisa Mazzone, Présidente CARPE, vice-présidente ATE-Genève
Jean-François Bouvier, Président AIVV