Courrier de lectrice

Yvonne Winteler, Association Climat Genève, au sujet de la taxe sur le billet d’avion (Tribune de Genvève, 7.11.2018)

J’ai voyagé récemment dans un train avec quelques jeunes en route pour une soirée un peu différente… leur destination était une disco à Belfast, en Irlande du Nord. Vol aller samedi, vol retour dimanche, l’entrée et les boissons, c’est moins cher qu’en Suisse, pourquoi s’en priver ?

Une recherche sur internet a montré que le vol aller-retour coûte environ 100 francs, moins cher qu’une nuit d’hôtel. Économiquement parlant, leur choix est tout à fait valable, et en plus ça favorise les échanges interculturels.

Ce type de décision, reproduit à l’échelle de toute la société, contribue à un réchauffement climatique qui s’emballe et un bruit d’enfer pour les riverains. Il faut donc changer la logique des coûts. À 100 francs, le prix du vol ne respecte pas le principe du pollueur-payeur.

Une taxe sur le billet d’avion est en train d’être discutée par nos élus au Conseil national, dans le cadre de la révision de la loi sur le CO2. Il est proposé de prélever une taxe de 20 à 50 francs sur chaque billet d’avion. Une telle pratique favoriserait les voyages d’affaires en décongestionnant un peu l’aéroport de Genève et aiderait le tourisme en Suisse. 60% des Suisses sont favorables à une taxe sur le billet d’avion, selon un sondage récent de la SES.

La mauvaise nouvelle? La commission qui discute de la taxe vient de la refuser par 13 voix contre 12. Reste à espérer que le plénum corrigera le tir.

Yvonne Winteler (Association Climat Genève)

Communiqué de presse / adoption du plan PSIA par le Conseil fédéral

Adoption de la fiche PSIA de l’aéroport de Genève par le Conseil fédéral : une atteinte grave à la santé de la population et au climat

La CARPE dénonce un mépris de la procédure de consultation et une mise en danger de la population. Malgré les centaines de prises de position dénonçant l’exposition au bruit et la dégradation de la qualité de l’air, le Conseil fédéral adopte un plan de développement de l’aéroport de Genève quasiment inchangé après la procédure de consultation. L’impact sur la santé est passé sous silence et les autorités prévoient un dépassement des normes de protection de l’air qu’elles ont pourtant elles-mêmes adoptées. L’introduction d’une courbe de bruit cible est une bonne opération de communication, mais n’empêchera pas le bruit réel d’augmenter tout au long de la journée. Enfin, le Conseil fédéral se limite à analyser la possibilité de fermer la route Konil dès 22h, au lieu de prendre dès maintenant cette décision nécessaire faisant l’objet de demandes réitérées de la part des riverains. L’initiative pour un pilotage démocratique de l’aéroport est plus nécessaire que jamais.

La CARPE déplore l’orientation fixée pour l’aéroport de Genève, à savoir une augmentation conséquente des mouvements, alors que les passagers ont plus que doublé durant les dix dernières années. Les nuisances liées à l’activité de l’aéroport n’ont cessé d’impacter négativement la région. La stratégie de développement retenue par la Confédération s’appuie sur une prévision de croissance du trafic aérien quasi sans limite, qui répond aux demandes des compagnies aériennes bien plus qu’à celles des populations concernées et de l’environnement.

Dans sa prise de position de janvier 2018, qui reste d’une actualité criante compte tenu du jeu de dupes auquel s’est livré le Conseil fédéral, la CARPE propose des modifications concrètes pour diminuer la charge de bruit et de pollution : https://carpe.ch/wp-content/uploads/2017/12/PSIA-Prise-de-position-CARPE-DEF.pdf

Il s’agit notamment d’introduire un couvre-feu d’un minimum de 7 heures et un objectif de 8 heures, pour respecter les prescriptions de l’OMS concernant les heures de sommeil, mais aussi d’adapter les taxes ou d’abandonner l’objectif des 47 mouvements par heure et du potentiel de 236’000 mouvements à l’horizon 2030, gravés par la fiche PSIA.

L’introduction d’une courbe de bruit cible est certes une bonne opération de communication, mais s’avère trompeuse dans les faits. Tout d’abord, la courbe actuellement en vigueur, qui date de 2009 et se base sur les mouvements de 2000, s’allonge sensiblement dans ce document, touchant de nombreuses habitations supplémentaires, tandis que la courbe cible se situe dans l’épaisseur du trait. Ensuite, la courbe de bruit ne représente pas l’addition du bruit accumulé pendant la journée ni les pics, mais une moyenne lissée en fonction de l’impact calculé du bruit. En d’autres termes, il est faux d’affirmer que le bruit diminuera. Au mieux, on peut attendre une légère amélioration entre 22h et minuit trente, mais ce ne serait qu’une faible correction suite à l’augmentation constante des nuisances dans ce créneau horaire ces dernières années. L’année 2018 présente d’ailleurs une augmentation de plus d’une centaine de mouvements dans les heures nocturnes, en comparaison à 2017. La perspective de trois nouveaux vols long-courriers après 22h n’est pas pour rassurer.

Le PSIA n’est pas non plus compatible avec le Plan Climat Cantonal, qui prévoit une stabilisation des émissions de gaz à effet de serre dues à l’aviation au niveau de 2014. La mise en œuvre du PSIA entraînerait une augmentation de ces émissions d’environ 50%, alors que le dernier rapport du GIEC nous indique que nous devons diminuer les émissions de 45% d’ici 2030. Le kérosène utilisé par l’aviation représente environ 20% des carburants vendus en Suisse. La CARPE espère que le Conseil d’Etat en tirera des conséquences.

L’initiative pour un pilotage démocratique de l’aéroport de Genève reste plus nécessaire que jamais, pour fixer le cadre que les Genevois-es souhaitent donner à leur aéroport urbain, qui se trouve à seulement 3 km du centre-ville et dont le trafic impacte toute la région. La CARPE suivra de près l’évolution de son traitement au Grand Conseil ainsi que la mise en œuvre de cette fiche PSIA. Elle interviendra notamment lors de l’entrée en force des nouvelles courbes de bruit et des demandes d’autorisation de construire qui interviendront.

 

Pour toute information supplémentaire :

  • Lisa Mazzone, présidente CARPE, 077 404 16 08
  • Jean-François Bouvier, association des intérêts de Vernier village :
    079 330 20 19

TdG: les riverains de l’aéroport ont droit à des indemnités

Article Tribune de Genève « Les riverains de l’aéroport ont droit à des indemnités » du mercredi 7 novembre 2018  :

 

 

 

« Le Tribunal fédéral a rejeté six recours lancés par l’Etat de Genève et l’aéroport contre des propriétaires de bâtiments et de terrains à Vernier. Ces derniers réclament plus de 40 millions de francs au total en raison des restrictions de construire dues au bruit.

Les parcelles en question se trouvent à quelques centaines de mètres de la piste de l’aéroport. Avec l’entrée en vigueur au début du millénaire des nouvelles dispositions sur le bruit, ces terrains sont devenus inconstructibles.

A plusieurs reprises, en 2006, 2010 et 2011, les propriétaires ont demandé aux instances compétentes l’ouverture de procédures d’expropriation afin d’obtenir des indemnités. Ces démarches visaient aussi à relancer le délai de cinq ans prévu par la loi pour faire valoir ses droits. »

TdG: Le bruit des avions risque de coûter très cher à l’Etat

Article Tribune de Genève « Le bruit des avions risque de coûter très cher à l’Etat » du mardi 6 novembre 2018  :

 

 

« L’État et l’aéroport risquent fort de passer à la caisse pour des montants qui s’annoncent très importants. Ils viennent en effet de perdre au Tribunal fédéral dans un litige qui les oppose à des riverains de l’aéroport. Ces derniers réclament plus de 40 millions de francs d’indemnisation, mais ce n’est que la pointe de l’iceberg. Motif: le bruit des avions, qui a fait perdre de la valeur à leurs terrains »

 

Communiqué OFEV: encore un million de personnes exposées à un bruit excessif dû aux transports

Communiqué de presse de l’Office fédéral de l’environnement OFEV « Encore un million de personnes exposées à un bruit excessif dû aux transports » du lundi 5 novembre 2018  :

 

 

« Berne, 05.11.2018 – Environ un million de personnes en Suisse, soit un habitant sur sept, est encore exposé au bruit au-delà des valeurs limites légales. La plupart vivent en ville ou dans une agglomération. Les principales nuisances sonores sont dues à la circulation routière. Voilà ce qui ressort du récent calcul du bruit à l’échelle nationale réalisé par l’Office fédéral de l’environnement (OFEV).

Tous les cinq ans, le monitoring national sonBASE (cf. encadré 1) évalue au moyen d’un modèle spécifique la pollution sonore à laquelle est exposée la population suisse. Les conclusions du dernier monitoring aboutissent au constat suivant : malgré des efforts considérables effectués aux niveaux fédéral et cantonal, une grande partie de la population subit toujours un bruit excessif dû aux transports. Concrètement, sur les 8,3 millions d’habitants que compte la Suisse (état 2015), environ 1,1 million est touché par la pollution sonore due à la circulation routière durant la journée et environ 1 million durant la nuit. Le bruit des chemins de fer affecte quant à lui 16 000 personnes de jour et 87 000 personnes de nuit et le bruit des avions respectivement 24 000 et 75 000 personnes. Le bruit dû aux transports est un problème environnemental qui concerne avant tout les villes et les agglomérations : pas moins de 90 % des personnes affectées y vivent.

Le bruit dérange, incommode et nuit à la santé. Le bruit dû aux transports favorise les pathologies cardiométaboliques (hypertension, maladies coronariennes, crises cardiaques, accidents vasculaires cérébraux, etc.), le diabète et les dépressions. Le bruit nocturne cause des déficits de sommeil, ce qui engendre un manque d’attention et une diminution de performance le lendemain. Des études menées sur les effets du bruit sur le développement cognitif des enfants montrent que les enfants scolarisés dans une zone avec une forte pollution sonore apprennent plus lentement à lire que ceux qui vont à l’école dans une zone plus calme. »