Courrier des lecteurs

Suite à la lettre du jour de la Tribune de Genève du 14 juillet écrite par Gilles Bourquin, Anne-Lise Robert-Nicoud, habitante de Vernier, a réagi par une lettre des lecteurs :

Comment faire comprendre à Berne ce que vivent les riverains de l’AIG si la vérité n’arrive même pas jusqu’à Veyrier!

Ces riverains invitent M. G. Bouquin à venir passer juillet chez eux. Du 01 au 13. 07.2017, et seulement pour la Cie orange, on dénombre 12 décollages et 80 (!) atterrissages entre 23:00 et minuit, ainsi que 3 décollages et 9 atterrissages entre 00:00 et 00:30. Et maintenant, toutes compagnies confondues, sur la même période, ce sont 145 atterrissages et 20 décollages entre 23:00 et minuit (soit 12 mouvements en moyenne chaque nuit), ainsi que 14 atterrissages et 3 décollages entre 00:00 et 00:30 (soit plus d’un mouvement par nuit)

Contrairement à Zürich-Kloten, qui ferme à 23:00, les compagnies aériennes peuvent utiliser l’aéroport de Genève sans contrainte jusqu’à minuit, avec, en plus, la possibilité d’accueillir et d’assurer les vols en retard entre 00:00 et 00:30, une largesse dont certaines compagnies ne se privent pas! Ce n’est qu’APRES 00:30 que les avions sont détournés.

Conclusion: les riverains ne sont assurés d’un sommeil réparateur que durant 5h30 chaque nuit. Une idée: consulter le site de l’aéroport avant d’écrire. Merci.

Anne-Lise Robert-Nicoud

Courrier des lecteurs

Suite à l’article de la Tribune de Genève du 28 juin sur le rejet par le Conseil d’État de l’initiative populaire cantonale « pour un pilotage démocratique de l’aéroport de Genève », Nigel Lindup, président de l’ARAG, a réagi par une lettre des lecteurs parue le 7 juillet 2017 :

Permettez-moi de compléter en me référant au communiqué de presse de la CARPE (Coordination régionale pour un aéroport urbain respectueux de la population et de l’environnement) à ce sujet.

Genève Aéroport s’efforce plus que jamais à rassurer la population par rapport à l’augmentation continue du trafic aérien. Pourtant la garantie d’un passage des paroles aux actes consiste à ancrer une orientation qui respecte les riverains et l’environnement dans la Constitution.

En appelant à refuser l’initiative sans proposer de contre-projet, le Conseil d’État ignore les enjeux. Pour la CARPE, qui réunit 13 associations représentant quelques 15’000 personnes, une tranche non-négligeable de la population de la région, il y a des choix politiques à faire en ce qui concerne le développement de notre aéroport urbain si l’on veut trouver de vraies solutions aux problèmes.

Tandis que la population subit des nuisances de moins en moins maîtrisées, le Conseil d’État prétend que ce serait au Conseil d’administration de l’aéroport de faire de tels choix car les partis politiques y sont représentés.

Tel n’est pas le rôle d’un organe administratif. Le Grand Conseil et les communes doivent être associés à tout débat qui se veut démocratique.

Nigel Lindup

Exemplarité énergétique ? Le trafic aérien cultive les contradictions

Nous avons repris le communiqué de presse du CESAR concernant l’inclusion de Genève Aéroport dans Groupe Exemplarité énergétique de la Confédération :

L’aéroport de Genève a encore du pain sur la planche s’il veut devenir un modèle de faible consommation énergétique. Il accueille aujourd’hui la manifestation annuelle 2017 du Groupe Exemplarité énergétique de la Confédération. Pour CESAR, la coalition environnement et santé pour un transport aérien responsable, la maîtrise du développement du trafic de l’aéroport de Genève est le seul moyen d’améliorer réellement son efficacité énergétique.

L’aéroport de Genève accueille ce matin la manifestation annuelle 2017 du Groupe Exemplarité énergétique de la Confédération. Ce groupe, rejoint par l’aéroport de Genève en début d’année, a pour objectif d’améliorer l’efficacité énergétique de ces membres. Si la CESAR se réjouit que la Confédération ait à cœur de soutenir l’exemplarité énergétique, elle regrette la contradiction évidente entre cette démarche et l’impact du trafic aérien, notamment celui généré par l’aéroport de Genève, en termes de consommation d’énergie et de réchauffement climatique. C’est une nouvelle opération de communication, qui s’inscrit dans le greenwashing qu’utilisent à l’envi les aéroports pour redorer leur blason. Ceci d’autant plus que le développement de l’aéroport de Genève et de ses nuisances anime le débat public à Genève, alors que la validité de l’initiative « pour un pilotage démocratique de l’aéroport » vient d’être confirmée.

Rien qu’entre 2002 et 2012, la consommation de kérosène de l’aéroport de Genève a augmenté de 75% et ses émissions de gaz à effet de serre de 63%, tandis que le nombre de passagers a doublé en dix ans. Tous les efforts effectués par la population et les collectivités ces 10 dernières années dans d’autres secteurs, tels que les transports publics ou l’isolation des bâtiments, ont été annulés par la croissance du trafic aérien. Aujourd’hui, le trafic aérien pèse aussi lourd que le chauffage des bâtiments dans le bilan carbone des Genevois. Les déplacements en avion représentent 23% des émissions totales de gaz à effet de serre à Genève et les prévisions sont à la hausse. D’après les estimations de l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC), on comptera à Genève 235’000 mouvements annuels en 2030, soit un avion qui décolle ou atterrit toutes les 90 secondes. L’aéroport sera alors responsable de 40% des émissions d’oxyde d’azote du canton de Genève, contre 20% aujourd’hui.

Selon Lisa Mazzone, conseillère nationale verte et coprésidente de la CESAR, « l’aéroport de Genève ne parviendra pas à améliorer son efficacité énergétique, si elle continue à miser sur une croissance non maîtrisée du trafic aérien ». Ni les progrès techniques, ni une meilleure gestion du trafic ne suffiront à compenser la hausse de la consommation énergétique résultant de la croissance du trafic aérien. La CESAR exige que les autorités publiques reprennent en main le développement des aéroports helvétiques, en faisant preuve de cohérence vis-à-vis de leurs engagements pour le climat et en prenant compte autant la population que l’environnement.


Courrier des lecteurs

Suite à l’interview de M. André Schneider dans le 19h30 du 25 juin, Mike Gerard, vice-président de l’ARAG, a réagi par une lettre des lecteurs parue le 29 juin 2017 :

Dans le 19h30 de la RTS du 25 juin, en réponse à Darius Rochebin, le directeur de l’aéroport a tenté de nous rassurer concernant l’explosion du trafic aérien et de ses nuisances.

Il a affirmé que la croissance du nombre de passagers et celle du nombre total de mouvements sont dissociées. Ainsi, le bruit, déjà insupportable, n’augmenterait pas excessivement, selon lui. Etant, comme moi, mathématicien, informaticien et ex-CERN, il sait comment jouer avec les chiffres. La réalité, c’est que l’augmentation des passagers et celle des mouvements des vols de ligne, qui sont pris par 98% des passagers, progressent avec une cadence proportionnelle. Pour écarter cette évidence, le directeur prend en compte les 2% résiduels de passagers volant dans des vols d’affaires, vols d’entrainement, hélicoptères, etc. Ainsi, pour les 10 dernières années, le lien entre l’augmentation des passagers et tous les mouvements est, dans l’ensemble, distendu (corrélation mathématique < 0.4 sur un maximum de 1.0), mais là où le bât blesse, c'est que le lien entre les passagers et les mouvements des vols de ligne est, quant à lui, presque parfait (corrélation 0.97).

Autrement dit, toute augmentation du nombre de passagers sera forcément accompagnée par une augmentation correspondante, certes inférieure, mais significative, des vols de ligne, ce qui augmentera le bruit et les dommages sur la santé.

Mike Gerarg