14’400 signatures pour un pilotage démocratique de l’aéroport de Genève

La Coordination régionale pour un aéroport de Genève urbain, respectueux de la population et de l’environnement (CARPE), qui regroupe une quinzaine d’associations suisses et françaises, environnementales et de riverains, dépose aujourd’hui auprès de la Chancellerie genevoise quelque 14’400 paraphes de citoyennes et citoyens réclamant un débat public sur le développement de l’aéroport.

Le nombre de passagers à l’aéroport de Genève a doublé ces dix dernières années, dépassant désormais 15 millions. En parallèle, les nuisances ont explosé, en particulier le bruit et la pollution de l’air, que subissent de plein fouet les riverains, ainsi que les émissions de CO2, responsables du réchauffement climatique. Ce n’est que le début.

Moment charnière
Le développement de l’aéroport se trouve à un moment charnière, puisque la fiche du plan sectoriel d’infrastructure aéronautique (PSIA) sera dévoilée en début d’année. Elle fixe le cadre pour le développement de l’aéroport d’ici à 2030 et planifie ainsi une infrastructure qui devrait répondre aux besoins de 25 millions de passagers à cette date. Pour les accueillir, on parle de 650 vols par jour, ce qui représente un avion qui décolle ou atterrit toutes les 90 secondes 18h/24, 7 Jours/7 !

Un impact direct sur la population et l’environnement
L’aéroport de Genève est urbain, jouxté par quantité d’habitations et de places de travail. La population genevoise sera ainsi directement impactée par le développement de l’aéroport : augmentation du bruit, détérioration de la qualité de l’air et, à plus long terme, du réchauffement climatique. Les coûts pour la santé de l’activité de l’aéroport de Genève sont évalués à 52 millions de francs aujourd’hui. Ils devraient s’élever à 72 millions en 2030, ce qui illustre l’importance des retombées sur la santé.
En outre, alors que la population a toujours plus de mal à se loger et à loger ses enfants, l’augmentation du bruit réduira les surfaces constructibles en aggravant encore la crise du logement. Enfin, les biens immobiliers impactés par les nuisances sont déjà dévalorisés et le seront plus encore à l’avenir, avec des conséquences dramatiques pour de nombreuses personnes.

Un vaste débat sur le cadre de développement de l’aéroport
La machine s’emballe, mais que veut la population ? Les décisions relatives à l’avenir de notre aéroport se prennent dans une tour d’ivoire, entre l’administration fédérale et Genève. La voix des premiers concernés, les communes et la population de la région, peine à se faire entendre et le Grand Conseil lui-même n’a pas voix au chapitre.
Dans ce contexte, 14’400 personnes demandent aujourd’hui la mise en place d’un cadre constitutionnel permettant de débattre de la politique cantonale en matière aéroportuaire. Leur objectif est que le développement de l’aéroport, établissement public, trouve un équilibre entre les besoins économiques du canton et la limitation des nuisances, et qu’il soit coordonné avec les politiques publiques d’aménagement, d’environnement et de santé. Pour ce faire, il est aussi impératif que la population ait voix au chapitre.