Enjeux


SANTE

La croissance récente de l’aéroport a engendré une explosion des nuisances pour la population, en particulier le bruit (notamment nocturne) et la pollution de l’air locale. Bien plus que de simples désagréments du quotidien, ces externalités ont un réel impact sur la santé, provoquant le développement de maladies physiques et psychiques.

Des études récentes montrent en effet les liens entre les nuisances sonores causées par le transport aérien et la tension artérielle, d’autres démontrent que les élèves qui sont fortement exposés au bruit aéroportuaire ont davantage de difficulté d’apprentissage. Or, un quart des écoles du canton se trouve dans le périmètre concerné.

Ces retombées ont un coût. Une étude de Noé21 évalue à 52 millions de francs les coûts pour la santé engendrés par l’activité de l’aéroport de Genève aujourd’hui.

Le développement projeté de Genève Aéroport ne peut qu’empirer la situation. La même étude estime que les coûts s’élèveront à 72 millions en 2030. En consentant à cette croissance démesurée, l’État devra faire face à des factures salées, mais surtout déroge à l’un de ces rôles principaux : la protection de ses concitoyens face aux nuisances et à la pollution.

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ENVIRONNEMENT

Malgré le greenwashing qu’utilise à l’envi l’Aéroport de Genève pour redorer son blason, le trafic aérien impacte de manière considérable l’environnement. Sa consommation énergétique et ses émissions de CO2 polluent l’air que l’on respire, mais sont également responsables du réchauffement climatique.

Rien qu’entre 2002 et 2012, la consommation de kérosène de l’aéroport de Genève a augmenté de 75% et ses émissions de gaz à effet de serre de 63%, tandis que le nombre de passagers a doublé en dix ans. Tous les efforts effectués par la population et les collectivités ces 10 dernières années dans d’autres secteurs, tels que les transports publics ou l’isolation des bâtiments, ont été annulés par la croissance du trafic aérien. Aujourd’hui, le trafic aérien pèse aussi lourd que le chauffage des bâtiments dans le bilan carbone des Genevois. Les déplacements en avion représentent 23% des émissions totales de gaz à effet de serre à Genève et les prévisions sont à la hausse. D’après les estimations de l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC), on comptera à Genève 235’000 mouvements annuels en 2030, soit un avion qui décolle ou atterrit toutes les 90 secondes. L’aéroport sera alors responsable de 40% des émissions d’oxyde d’azote du canton de Genève, contre 20% aujourd’hui.

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ECONOMIE

L’aéroport est important pour le canton de Genève, en termes d’emplois, d’activité économique et de rayonnement de la Genève internationale. Mais son développement doit être concerté et maîtrisé.

Quel développement voulons-nous pour Genève Aéroport ? Celui amorcé pas EasyJet et son modèle low-cost qui n’offre que des emplois précaires et qui ne participe pas à la santé des entreprises locales ?

Pour l’instant, ce sont ces vols qui constituent l’essentiel de l’augmentation du trafic et des nuisances. Pourtant, le développement à tout prix de l’aéroport et de la liberté de marché n’a pas d’impact direct sur l’économie locale. Le lien entre le nombre de passagers transitant par Genève Aéroport et le PIB de la région genevoise s’est en effet délité depuis 2006. D’après des calculs de Noé21 effectués à partir des données d’OCSTAT et de Genève Aéroport, la corrélation entre le nombre de passagers et le PIB n’est pas significative.

Il faut également mettre en perspective les bénéfices annoncés avec les coûts engendrés par l’infrastructure payés par la collectivité : les atteintes à la santé publique et les coûts climatiques mentionnés ci-dessus, mais également les pertes fiscales liées au régime fiscal spécial de l’aviation et la dévaluation du foncier. Alors que la population a toujours plus de mal à se loger et à loger ses enfants, l’augmentation du bruit réduira les surfaces constructibles en aggravant encore la crise du logement. De plus, les biens immobiliers impactés par les nuisances sont déjà dévalorisés et le seront plus encore à l’avenir, avec des conséquences dramatiques pour de nombreuses personnes.

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