Courrier des lecteurs

Jean-François Bouvier, président de l’Association des Intérêts de Vernier-Village (AIVV) a réagi à la sortie du PSIA au travers d’une lettre des lecteurs parue dans la Tribune de Genève le 25.11.17 :

Bruit des avions, les belles promesses de la planification des infrastructures de Cointrin

Les promesses n’engagent que celles et ceux qui les écoutent ! Voilà comment résumer le pseudo victoire du Conseil d’ Etat face à l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC). Dans les faits la fréquence des mouvements prévus d’ici à 2030 sera comme prévu par l’étude commandée par la Direction de l’Aéroport et de l’OFAC en forte augmentation avec un vol / 90 secondes, 18 h/24, 365 j/an et 26’000 passagers supplémentaires / jour. Les investissements planifiés par l’aéroport se basent sur ces chiffres et aucun autre et c’est tout dire. Prétendre que la réduction du bruit aura lieu grâce au renouvellement des flottes d’avions c’est en d’autres termes nous dire de patienter près de 20 ans pour constater enfin une stabilisation, le temps nécessaire pour que tous les avions deviennent légèrement moins bruyants et polluants alors que la compagnie leader du low-cost à Cointrin n’a à ce jour atterri en Suisse que 2 fois …avec des avions équipé de réacteurs de nouvelles générations. Alors que l’Etat se doit de protéger ces citoyens de toutes formes de pollution, bruit et émissions de CO2 et d’oxydes d’azote (NOx), l’Etat valide ses augmentations. D’ici 13 ans les gaz NOx, ceux qui irritent nos gorges, yeux et poumons, produits par l’aéroport augmenteront de 100 % et représenteront 40 % du total produit dans le canton. La constitution cantonale à l’article 157 précise que l’Etat protège les êtres humains et leur environnement ; il lutte contre toute forme de pollution et met en œuvre les principes de prévention, de précaution et d’imputation des coûts aux pollueurs. Force est de constater que l’on en est très éloigné et les dizaines de milliers d’habitants à qui l’Etat impose ce bruit permanent n’ont qu’à s’y habituer…

Jean-François Bouvier
Président de l’Association des Intérêts de Vernier-Village (AIVV)

Courrier des lecteurs

Mike Gerard a réagi sur les vols nocturnes juste après la sortie du PSIA au travers d’une lettre des lecteurs parue dans la Tribune de Genève le 17.11.17 :

Samedi, 11 novembre. A l’aéroport de Genève, le dernier avion au décollage vient de partir à 21h50 : un vol Aeroflot vers Moscou, via Vernier et Satigny. Enfin une nuit paisible pour les résidents de ces deux villes, n’est-ce pas ? Mais non : un petit avion à réaction du type Global 6000, appartenant à Vistajet Malte, venu de Moscou, atterrit deux minutes plus tard, avant de redécoller à 23h27, toujours via Vernier et Satigny, dans la direction de l’Inde. Ainsi, le bruit à Vernier passe du bruit de fond de 42 dBA à 81 dBA, un facteur d’augmentation de 8000 (et 4 dBA de plus que le plus grand Airbus d’Aeroflot !). Voilà un aperçu des nuisances futures que nous promet le fameux Plan Sectoriel de l’Infrastructure Aéronautique (PSIA), qui, en ajoutant chaque jour 7 vols long-courriers vers l’Asie et l’hémisphère Sud, fera doubler le nombre de ces vols long-courriers. Ah, j’ai oublié de préciser que le Global 6000 est immatriculé à Malte, une ‘ile dont le nom figure très souvent dans les Paradise Paper ! Mais nous savons que tout est complément légal !

Mike Gerard

Fiche PSIA Aéroport de Genève

25 millions de passagers et toujours plus de mouvements à l’horizon 2030. A la clé : augmentation de la pollution de l’air, de l’impact climatique et du bruit ressenti. L’initiative pour un pilotage démocratique est plus nécessaire que jamais.

La prévision de développement des passagers et des mouvements à l’aéroport de Genève est préoccupante. En construisant une infrastructure pour 25 millions de passagers, on promet des nuisances supplémentaires.

Si l’introduction d’une courbe cible dans le PSIA constitue un premier pas, elle ne signifie pas encore une réelle amélioration de la situation actuelle. Au contraire, le nombre de mouvements va continuer de se développer, la contribution de l’aéroport à la pollution atmosphérique cantonale due aux NOx passera de 24% à 40% en 2030, tandis qu’aucun objectif climatique n’est fixé. Alors que l’Accord de Paris sur le climat vient d’entrer en force en Suisse, la Confédération maintient son intention du tout à la croissance en termes de trafic aérien, bien que la contribution de ce mode de transport aux émissions de CO2 ne cesse de croître dans le pays.

Par ailleurs, la proposition faite par le Conseil d’Etat et le Conseil fédéral ne prend pas en compte d’autres objectifs, tels que la pollution de l’air ou les émissions de CO2. Et la manière dont est traité le bruit des avions reste très éloignée de la réalité du terrain. D’une part, la méthode de calcul des courbes de bruit, peu représentative du bruit ressenti, est critiquable, de l’autre, les progrès technologiques sont insuffisants pour contrer l’augmentation dans le nombre de mouvements, en particulier le doublement des vols long-courriers prévus par le PSIA une fois le nouveau terminal Est en fonction.

La demande de la CARPE d’introduire un couvre-feu à 23h, à l’instar de l’aéroport de Zurich, n’a pas non plus été intégrée. Une décision qui s’inscrit dans la politique fédérale, qui veut que l’aéroport « réponde à la demande » même si d’autres objectifs sociaux et environnementaux ne sont pas atteints.

Si un premier pas semble avoir été franchi avec l’apparition d’une courbe cible, objet certes novateur, il est important de relever que cette dernière n’est pas beaucoup plus restrictive que la courbe plafond. Mais surtout, le PSIA ne garantit ni outil permettant d’atteindre cet objectif, ni de véritables conséquences si la courbe cible n’est pas atteinte en 2030. L’initiative pour un pilotage démocratique de l’aéroport est donc plus nécessaire que jamais pour contraindre à ce que le Conseil d’Etat et l’aéroport tiennent parole.

Enfin, n’oublions pas que l’élaboration de la fiche PSIA est loin d’être une démarche démocratique. Les communes et le Grand Conseil n’ont pas été associées à son élaboration. Seul le Canton a été intégré par la Confédération. Cette fiche n’est par ailleurs pas soumise au parlement cantonal.

L’absence d’outils opérationnels pour cadrer le développement de l’aéroport confirme plus que jamais la nécessité de l’initiative « pour un pilotage démocratique de l’aéroport de Genève ». Cette dernière apparaît en effet comme un instrument essentiel à la mise en œuvre de ce plan sectoriel.

Pour la CARPE
Lisa Mazzone, Présidente CARPE, vice-présidente ATE-Genève
Jean-François Bouvier, Président AIVV