Courrier de lecteur.trice

Philippe Dugerdil  , habitant de Satigny, réagit à l’article de M. Jeannerat dans la Tribune de Genève du 29-30 septembre 2018 :

M. Jeannerat («TdG» 29 – 30 septembre) craint que l’initiative IN 163 «Pour le pilotage démocratique de l’aéroport urbain de Genève» n’affaiblisse l’aéroport. J’aimerais le rassurer. Elle demande simplement que nos élus puissent se prononcer sur son développement en soupesant ses avantages et inconvénients, et en particulier l’impact sur la qualité de vie des habitants soumis aux nuisances.

L’auteur craint-il qu’en cas de votation populaire, le peuple souverain se trompe? Ou craint-il qu’en cas d’acceptation, nos élus ne soient pas clairvoyants? Si ses arguments sont fondés, la majorité s’en rendra compte. Mais le problème est peut-être là. Sur les arguments économiques, il ne faut pas oublier de prendre en compte les externalités, en l’occurrence la pollution, le bruit et leur impact sur la santé des citoyens, le climat et l’économie locale (en particulier sur les zones à construire et les loyers). Il faut prendre en compte les coûts d’opportunités: le manque à gagner pour nos commerces lorsque les voyageurs prennent l’avion pour fêter un anniversaire à Barcelone, passer un week-end à Amsterdam plutôt que dans notre région, etc. Mais la crainte est peut-être avant tout que la population comprenne les effets des transports aériens sur le climat.

L’aéroport était en 2012 responsable de 23% des émissions de gaz à effet de serre, pratiquement à égalité avec le résidentiel (essentiellement le chauffage) et loin devant les émissions dues aux voitures (source: Plan climat cantonal – PCC). En 2012 le nombre de passagers de l’aéroport était de 13,5 millions (dont 22% de résidents genevois, source: PCC). En 2017, ce nombre était de 17,3 millions… Alors oui à l’aéroport, mais pas à n’importe quel prix!

Philippe Dugerdil