Courrier des lecteurs

Suite au retour de la compagnie Air – Mauritius, Jean-François Bouvier, président de l’Association des Intérêts de Vernier-Village, a réagi par une lettre des lecteurs parue le 18 septembre 2017 dans Le Courrier :

L’Aéroport de Cointrin se moque encore des riverains!

En avril 2017, Genève-Cointrin annonçait la bonne nouvelle, soit le retour de la compagnie Air – Mauritius à Genève. L’AIG nous annonçait un heureux événement, elle qui se veut plus verte, respectueuse du développement durable et des dizaines de milliers de riverains qui subissent le bruit des avions de 06h00 à 23 h30. Voilà une compagnie qui revient à Genève, avec sa flotte d’une moyenne d’âge de 17 ans (Airbus-A 340, mis en service en 1993, classement Cat bruit 2/5 soit presque la pire; arrêt production du A-340 en 2010) et dont la sous-motorisation de certains de ces machines les force à faire une boucle sur Genève pour prendre de l’altitude afin de franchir les Alpes.

Une fois de plus l’Aéroport est en complète contradiction entre sa communication qui veut faire croire aux genevois et aux habitants de France voisine qu’il respecte notre environnement et ses riverains, qu’il fait en permanence des pesées d’intérêts avant de décider d’accepter de nouvelles compagnies

Selon l’étude commandée par l’Office fédérale de l’aviation civile (OFAC) l’AIG se prépare d’ailleurs à accueillir 10 millions de passagers de plus / an d’ici 13 ans (26’000 de plus / jour du L->D), soit 1 mouvement d’avion toutes les 90 secondes, 18 h / 24; c’est de cela dont il s’agit et de rien d’autre. Les habitants de la rive droite ont d’excellentes raisons de douter de la volonté politique de l’Etat de protéger ses citoyens du bruit et de la pollution alors qu’il s’agit de l’une de ses tâches régaliennes. Pire que ça, l’Etat réfléchit encore en termes de croissance à tout prix même si le 16 millionième passagers coûte plus qu’il ne rapporte. Se faisant l’Etat, laisse faire, donc encourage l’augmentation de la pollution et du bruit généré par l’aéroport.

Jean-François Bouvier
Président de l’AIVV (Association des Intérêts de Vernier-Village)


Courrier des lecteurs

Suite aux multiples articles parus dernièrement sur les mésaventures aéronautiques des vacanciers, Nigel Lindup, habitant de Versoix, a réagi par une lettre des lecteurs :

Les aléas des transports aériens et le désespoir et déception des passagers ont fait couler de l’encre cet été. Comment faire, demande-t-on, pour éviter ces éternelles crises de nerfs à notre petit aéroport urbain, étant donné que les familles ne veulent qu’arriver le plus tôt possible en vacances?

Tout dépend de comment on définit « être en vacances ». Cet été j’ai rencontré une famille alémanique pour qui les vacances commencent dès qu’ils sortent de l’appartement et en fermant la porte derrière eux. Avec leurs trois enfants en bas âge, cette année ils sont partis pour la Suède en train de nuit et bateau – 2 jours d’aventure ! Le trajet peut coûter plus cher, suivant quand on réserve les billets, mais il fait partie des vacances. Je les ai rencontrés au retour, en débarquant à Rostock, où ils allaient visiter le zoo avant de prendre le train pour Berlin et Bâle. A la gare on attend, le train arrive, on y monte, on part.

On nous a également informés aussi sur les dégâts environnementaux dûs à l’aviation et la colère des habitants des destinations touristiques, devenues invivables. Sans oublier les nuisances subies par les Genevois au sol qui ne sont pas en train de voyager à un moment donné.

La solution à la congestion de notre aéroport urbain, ce n’est pas des investissements à 150 millions de francs par an, car cela ne terminera jamais: voyez seulement Singapour-Changi, qui accueille déjà 60 millions de passagers par an et se dote d’encore deux terminaux. Est-ce raisonnable ? La politique fédérale veut que les aéroports suisses suivent « la demande ». Or, celle-ci est un phénomène, non pas naturel, mais sciemment nourri et exploité par des compagnies aériennes et l’IATA jusqu’à ce qu’on croit avoir “droit” à de tels voyages.

Non, il faut que les décideurs politiques nous aident à changer d’attitude et de comportement. Subventionner les trains de nuit et en finir avec les financements cachés à l’aviation serait un bon départ. Et faut-il choisir des destinations toujours plus lointaines et exotiques?

Nigel Lindup
Président, Association des Riverains de l’Aéroport de Genève (ARAG)

Courrier des lecteurs

Suite à la lettre du jour de la Tribune de Genève du 14 juillet écrite par Gilles Bourquin, Anne-Lise Robert-Nicoud, habitante de Vernier, a réagi par une lettre des lecteurs :

Comment faire comprendre à Berne ce que vivent les riverains de l’AIG si la vérité n’arrive même pas jusqu’à Veyrier!

Ces riverains invitent M. G. Bouquin à venir passer juillet chez eux. Du 01 au 13. 07.2017, et seulement pour la Cie orange, on dénombre 12 décollages et 80 (!) atterrissages entre 23:00 et minuit, ainsi que 3 décollages et 9 atterrissages entre 00:00 et 00:30. Et maintenant, toutes compagnies confondues, sur la même période, ce sont 145 atterrissages et 20 décollages entre 23:00 et minuit (soit 12 mouvements en moyenne chaque nuit), ainsi que 14 atterrissages et 3 décollages entre 00:00 et 00:30 (soit plus d’un mouvement par nuit)

Contrairement à Zürich-Kloten, qui ferme à 23:00, les compagnies aériennes peuvent utiliser l’aéroport de Genève sans contrainte jusqu’à minuit, avec, en plus, la possibilité d’accueillir et d’assurer les vols en retard entre 00:00 et 00:30, une largesse dont certaines compagnies ne se privent pas! Ce n’est qu’APRES 00:30 que les avions sont détournés.

Conclusion: les riverains ne sont assurés d’un sommeil réparateur que durant 5h30 chaque nuit. Une idée: consulter le site de l’aéroport avant d’écrire. Merci.

Anne-Lise Robert-Nicoud

Courrier des lecteurs

Suite à l’article de la Tribune de Genève du 28 juin sur le rejet par le Conseil d’État de l’initiative populaire cantonale « pour un pilotage démocratique de l’aéroport de Genève », Nigel Lindup, président de l’ARAG, a réagi par une lettre des lecteurs parue le 7 juillet 2017 :

Permettez-moi de compléter en me référant au communiqué de presse de la CARPE (Coordination régionale pour un aéroport urbain respectueux de la population et de l’environnement) à ce sujet.

Genève Aéroport s’efforce plus que jamais à rassurer la population par rapport à l’augmentation continue du trafic aérien. Pourtant la garantie d’un passage des paroles aux actes consiste à ancrer une orientation qui respecte les riverains et l’environnement dans la Constitution.

En appelant à refuser l’initiative sans proposer de contre-projet, le Conseil d’État ignore les enjeux. Pour la CARPE, qui réunit 13 associations représentant quelques 15’000 personnes, une tranche non-négligeable de la population de la région, il y a des choix politiques à faire en ce qui concerne le développement de notre aéroport urbain si l’on veut trouver de vraies solutions aux problèmes.

Tandis que la population subit des nuisances de moins en moins maîtrisées, le Conseil d’État prétend que ce serait au Conseil d’administration de l’aéroport de faire de tels choix car les partis politiques y sont représentés.

Tel n’est pas le rôle d’un organe administratif. Le Grand Conseil et les communes doivent être associés à tout débat qui se veut démocratique.

Nigel Lindup

Courrier des lecteurs

Suite à l’interview de M. André Schneider dans le 19h30 du 25 juin, Mike Gerard, vice-président de l’ARAG, a réagi par une lettre des lecteurs parue le 29 juin 2017 :

Dans le 19h30 de la RTS du 25 juin, en réponse à Darius Rochebin, le directeur de l’aéroport a tenté de nous rassurer concernant l’explosion du trafic aérien et de ses nuisances.

Il a affirmé que la croissance du nombre de passagers et celle du nombre total de mouvements sont dissociées. Ainsi, le bruit, déjà insupportable, n’augmenterait pas excessivement, selon lui. Etant, comme moi, mathématicien, informaticien et ex-CERN, il sait comment jouer avec les chiffres. La réalité, c’est que l’augmentation des passagers et celle des mouvements des vols de ligne, qui sont pris par 98% des passagers, progressent avec une cadence proportionnelle. Pour écarter cette évidence, le directeur prend en compte les 2% résiduels de passagers volant dans des vols d’affaires, vols d’entrainement, hélicoptères, etc. Ainsi, pour les 10 dernières années, le lien entre l’augmentation des passagers et tous les mouvements est, dans l’ensemble, distendu (corrélation mathématique < 0.4 sur un maximum de 1.0), mais là où le bât blesse, c'est que le lien entre les passagers et les mouvements des vols de ligne est, quant à lui, presque parfait (corrélation 0.97).

Autrement dit, toute augmentation du nombre de passagers sera forcément accompagnée par une augmentation correspondante, certes inférieure, mais significative, des vols de ligne, ce qui augmentera le bruit et les dommages sur la santé.

Mike Gerard