Trafic aérien et lutte contre le réchauffement, la quadrature du cercle ?

Yvonne Winteler s’est exprimée sur le trafic aérien et la lutte contre le réchauffement climatique dans une lettre des lecteurs parue le 4 novembre 2017 dans dans la Tribune de Genève :

Les émissions de gaz à effet de serre de l’aviation ont augmenté de 8% en Europe l’année passée, et l’augmentation du trafic planifié impliquera une augmentation de presque 300% des émissions d’ici 2050 – ceci alors que ces mêmes émissions de gaz à effet de serre doivent à terme tendre vers le « net zéro », selon l’accord de Paris sur le climat (1).

Le PSIA (2) et le Plan Cantonal Climat genevois ont pourtant pour objectif de stabiliser les émissions de gaz à effet de serre de l’aviation suisse. Comment concilier l’augmentation du nombre de vols aériens avec une stabilisation des émissions de gaz à effet de serre ?

Une clarification a été apportée ce vendredi 13 octobre 2017 par la deuxième conférence de l’OACI, Organisation de l’aviation civile internationale : elle prévoit un recours massif aux biocarburants, soit 5 millions de tonnes de biocarburants d’ici 2025 et 285 millions de tonnes en 2050 (3).

A terme, il est possible que les biocarburants de 3ème génération puissent exploiter les algues ou les déchets pour produire des biocarburants sans impact sur les forêts ou la production alimentaire. Mais ces techniques sont encore au niveau expérimental, et ne pourront en aucun cas produire les quantités de biocarburants proposées par l’OACI d’ici 2025.

Pour produire cinq millions de tonnes de biocarburants en 2025, une surface équivalente à plus d’un tiers de la Suisse (4) devrait être convertie en cultures destinés à faire voler nos avions. Soit on convertit des surfaces actuellement utilisées pour l’alimentation, soit on diminue d’autant la surface des forêts – avec à la clé la perte d’un puits de carbone important (puisque les forêts absorbent le CO2), et un besoin accru d’engrais, eux aussi liés à des émissions de gaz à effet de serre.
On le voit, les biocarburants proposés par l’OACI ne font que reporter le problème ailleurs. La seule façon viable de stabiliser les émissions de gaz à effet de serre est de stabiliser le nombre de vols en avion.

Yvonne Winteler

Références :
1) Article 4 de l’accord de Paris : « En vue d’atteindre l’objectif de température à long terme énoncé à l’article 2, les Parties cherchent […]à parvenir à un équilibre entre les émissions anthropiques par les sources et les absorptions anthropiques par les puits de gaz à effet de serre au cours de la deuxième moitié du siècle »
2) « la stabilisation des émissions de gaz à effet de serre générées par le trafic aérien est devenue une thématique prépondérante de la période de référence qui court jusqu’à 2030 », Processus de coordination du Plan sectoriel de l’infrastructure aéronautique, 12.7.2016, p. 84
3) https://www.icao.int/Meetings/CAAF2/Documents/CAAF.2.WP.013.4.en.pdf
4) Calcul sur la base des chiffres de https://www.theguardian.com/environment/2017/oct/12/new-airplane-biofuels-plan-would-destroy-rainforests-warn-campaigners


Courrier des lecteurs

Renaud Dupuis s’est exprimé sur le bruit incessant provoqué par l’aéroport dans une lettre des lecteurs parue le 3 octobre 2017 dans dans la Tribune de Genève :

Nous sommes tous riverains de l’aéroport!

Faut-il le rappeler, Genève a un aéroport qui, depuis sa création en 1920, est devenu toujours plus urbain au fil des années avec l’extension des habitations, en Suisse et en France voisine. Or, Genève n’a pas, comme d’autres grandes villes, la possibilité de « repousser » son aéroport en dehors des zones urbaines et il faudrait donc en tenir compte, ce qu’ignore la direction de l’Aéroport, le gouvernement genevois et le Conseil fédéral qui ne pensent qu’à sa croissance économique sans se soucier des habitants de Genève.

En effet, de part les changements de trajectoire opérés, ce n’est plus uniquement la rive droite qui est impactée par le bruit, mais également tous les bords du lac de la rive gauche avec la réfraction du bruit sur celui-ci. L’impact sonore n’est évidemment pas le même que sur la rive droite mais de plus en plus d’habitants de la rive gauche, réveillés dès 6 heure du matin par le premier décollage, commencent à prendre conscience du bruit incessant que produira l’aéroport si un frein n’est pas mis aux prévisions inconsidérées de celui-ci pour 2030.

Renaud Dupuis


Courrier des lecteurs

Suite au retour de la compagnie Air – Mauritius, Jean-François Bouvier, président de l’Association des Intérêts de Vernier-Village, a réagi par une lettre des lecteurs parue le 18 septembre 2017 dans dans la Tribune de Genève ainsi que dans Le Courrier :

L’Aéroport de Cointrin se moque encore des riverains!

En avril 2017, Genève-Cointrin annonçait la bonne nouvelle, soit le retour de la compagnie Air – Mauritius à Genève. L’AIG nous annonçait un heureux événement, elle qui se veut plus verte, respectueuse du développement durable et des dizaines de milliers de riverains qui subissent le bruit des avions de 06h00 à 23 h30. Voilà une compagnie qui revient à Genève, avec sa flotte d’une moyenne d’âge de 17 ans (Airbus-A 340, mis en service en 1993, classement Cat bruit 2/5 soit presque la pire; arrêt production du A-340 en 2010) et dont la sous-motorisation de certains de ces machines les force à faire une boucle sur Genève pour prendre de l’altitude afin de franchir les Alpes.

Une fois de plus l’Aéroport est en complète contradiction entre sa communication qui veut faire croire aux genevois et aux habitants de France voisine qu’il respecte notre environnement et ses riverains, qu’il fait en permanence des pesées d’intérêts avant de décider d’accepter de nouvelles compagnies

Selon l’étude commandée par l’Office fédérale de l’aviation civile (OFAC) l’AIG se prépare d’ailleurs à accueillir 10 millions de passagers de plus / an d’ici 13 ans (26’000 de plus / jour du L->D), soit 1 mouvement d’avion toutes les 90 secondes, 18 h / 24; c’est de cela dont il s’agit et de rien d’autre. Les habitants de la rive droite ont d’excellentes raisons de douter de la volonté politique de l’Etat de protéger ses citoyens du bruit et de la pollution alors qu’il s’agit de l’une de ses tâches régaliennes. Pire que ça, l’Etat réfléchit encore en termes de croissance à tout prix même si le 16 millionième passagers coûte plus qu’il ne rapporte. Se faisant l’Etat, laisse faire, donc encourage l’augmentation de la pollution et du bruit généré par l’aéroport.

Jean-François Bouvier
Président de l’AIVV (Association des Intérêts de Vernier-Village)


Courrier des lecteurs

Suite aux multiples articles parus dernièrement sur les mésaventures aéronautiques des vacanciers, Nigel Lindup, habitant de Versoix, a réagi par une lettre des lecteurs :

Les aléas des transports aériens et le désespoir et déception des passagers ont fait couler de l’encre cet été. Comment faire, demande-t-on, pour éviter ces éternelles crises de nerfs à notre petit aéroport urbain, étant donné que les familles ne veulent qu’arriver le plus tôt possible en vacances?

Tout dépend de comment on définit « être en vacances ». Cet été j’ai rencontré une famille alémanique pour qui les vacances commencent dès qu’ils sortent de l’appartement et en fermant la porte derrière eux. Avec leurs trois enfants en bas âge, cette année ils sont partis pour la Suède en train de nuit et bateau – 2 jours d’aventure ! Le trajet peut coûter plus cher, suivant quand on réserve les billets, mais il fait partie des vacances. Je les ai rencontrés au retour, en débarquant à Rostock, où ils allaient visiter le zoo avant de prendre le train pour Berlin et Bâle. A la gare on attend, le train arrive, on y monte, on part.

On nous a également informés aussi sur les dégâts environnementaux dûs à l’aviation et la colère des habitants des destinations touristiques, devenues invivables. Sans oublier les nuisances subies par les Genevois au sol qui ne sont pas en train de voyager à un moment donné.

La solution à la congestion de notre aéroport urbain, ce n’est pas des investissements à 150 millions de francs par an, car cela ne terminera jamais: voyez seulement Singapour-Changi, qui accueille déjà 60 millions de passagers par an et se dote d’encore deux terminaux. Est-ce raisonnable ? La politique fédérale veut que les aéroports suisses suivent « la demande ». Or, celle-ci est un phénomène, non pas naturel, mais sciemment nourri et exploité par des compagnies aériennes et l’IATA jusqu’à ce qu’on croit avoir “droit” à de tels voyages.

Non, il faut que les décideurs politiques nous aident à changer d’attitude et de comportement. Subventionner les trains de nuit et en finir avec les financements cachés à l’aviation serait un bon départ. Et faut-il choisir des destinations toujours plus lointaines et exotiques?

Nigel Lindup
Président, Association des Riverains de l’Aéroport de Genève (ARAG)

Courrier des lecteurs

Suite à la lettre du jour de la Tribune de Genève du 14 juillet écrite par Gilles Bourquin, Anne-Lise Robert-Nicoud, habitante de Vernier, a réagi par une lettre des lecteurs :

Comment faire comprendre à Berne ce que vivent les riverains de l’AIG si la vérité n’arrive même pas jusqu’à Veyrier!

Ces riverains invitent M. G. Bouquin à venir passer juillet chez eux. Du 01 au 13. 07.2017, et seulement pour la Cie orange, on dénombre 12 décollages et 80 (!) atterrissages entre 23:00 et minuit, ainsi que 3 décollages et 9 atterrissages entre 00:00 et 00:30. Et maintenant, toutes compagnies confondues, sur la même période, ce sont 145 atterrissages et 20 décollages entre 23:00 et minuit (soit 12 mouvements en moyenne chaque nuit), ainsi que 14 atterrissages et 3 décollages entre 00:00 et 00:30 (soit plus d’un mouvement par nuit)

Contrairement à Zürich-Kloten, qui ferme à 23:00, les compagnies aériennes peuvent utiliser l’aéroport de Genève sans contrainte jusqu’à minuit, avec, en plus, la possibilité d’accueillir et d’assurer les vols en retard entre 00:00 et 00:30, une largesse dont certaines compagnies ne se privent pas! Ce n’est qu’APRES 00:30 que les avions sont détournés.

Conclusion: les riverains ne sont assurés d’un sommeil réparateur que durant 5h30 chaque nuit. Une idée: consulter le site de l’aéroport avant d’écrire. Merci.

Anne-Lise Robert-Nicoud