Courrier des lecteurs

Suite aux multiples articles parus dernièrement sur les mésaventures aéronautiques des vacanciers, Nigel Lindup, habitant de Versoix, a réagi par une lettre des lecteurs :

Les aléas des transports aériens et le désespoir et déception des passagers ont fait couler de l’encre cet été. Comment faire, demande-t-on, pour éviter ces éternelles crises de nerfs à notre petit aéroport urbain, étant donné que les familles ne veulent qu’arriver le plus tôt possible en vacances?

Tout dépend de comment on définit « être en vacances ». Cet été j’ai rencontré une famille alémanique pour qui les vacances commencent dès qu’ils sortent de l’appartement et en fermant la porte derrière eux. Avec leurs trois enfants en bas âge, cette année ils sont partis pour la Suède en train de nuit et bateau – 2 jours d’aventure ! Le trajet peut coûter plus cher, suivant quand on réserve les billets, mais il fait partie des vacances. Je les ai rencontrés au retour, en débarquant à Rostock, où ils allaient visiter le zoo avant de prendre le train pour Berlin et Bâle. A la gare on attend, le train arrive, on y monte, on part.

On nous a également informés aussi sur les dégâts environnementaux dûs à l’aviation et la colère des habitants des destinations touristiques, devenues invivables. Sans oublier les nuisances subies par les Genevois au sol qui ne sont pas en train de voyager à un moment donné.

La solution à la congestion de notre aéroport urbain, ce n’est pas des investissements à 150 millions de francs par an, car cela ne terminera jamais: voyez seulement Singapour-Changi, qui accueille déjà 60 millions de passagers par an et se dote d’encore deux terminaux. Est-ce raisonnable ? La politique fédérale veut que les aéroports suisses suivent « la demande ». Or, celle-ci est un phénomène, non pas naturel, mais sciemment nourri et exploité par des compagnies aériennes et l’IATA jusqu’à ce qu’on croit avoir “droit” à de tels voyages.

Non, il faut que les décideurs politiques nous aident à changer d’attitude et de comportement. Subventionner les trains de nuit et en finir avec les financements cachés à l’aviation serait un bon départ. Et faut-il choisir des destinations toujours plus lointaines et exotiques?

Nigel Lindup
Président, Association des Riverains de l’Aéroport de Genève (ARAG)